Internet

Or, il advint qu'en ce temps-là, Procrastinator, Dieu de la Glande, des Travaux remis à demain, du Démineur et du Solitaire, fut combattu par la diabolique coalition de Burokrator, dieu de la paperasse, et Chefredaktor, fulminant et vociférant héros chargé de veiller sur les délais rédactionnels.

Mais alors qu'il avait un genou à terre, Procrastinator, la plus habile et la plus ingénieuse des divinités de son époque, inventa Internet.

Et l'on dit que depuis, il est le plus fort des Dieux du Panthéon. Car quand l'homme, naïf et docile, croit que cette invention lui facilite la tâche pour s'acquitter des nombreuses épreuves que mettent sous ses pas le cruel Burokrator et le perfide Chefredaktor, il ne se doute pas qu'il est déjà dans les filets du puissant Procrastinator.

Et au moment où il réalise qu'il est en train de regarder des vidéos de chaton plutôt que de terminer sa déclaration d'impôts en ligne, qu'il est en train de retwitter celle-là même qu'il avait pokée le matin même plutôt que de se documenter en ligne sur l'évolution du PIB du Kazakhstan au deuxième semestre, et quand il se dit que tout cela est blogable, alors il est déjà trop tard.

# Posté le mardi 03 novembre 2009 05:54

Paroles, paroles !

Quand un nouveau truc est inventé, il y a d'abord une phase où personne ne sait trop à quoi ça sert, avant qu'il devienne indispensable ou sombre définitivement dans l'oubli non loin de la cassette digitale et du fil à couper les corn-flakes.
Par exemple, quand Jean-Louis Aubert a inventé le téléphone : au début, il était seul dans l'annuaire et songeait sérieusement à résilier son abonnement. Puis quelques personnes suivirent son exemple, malgré le regard suspicieux des sceptiques qui leur disaient “ah mais vous êtes encore à causer de téléphone, là ? Moi je pourrais pas, je préfère parler aux gens dans la vraie vie, en plus il paraît que ça peut donner des maladies de l'oreille.” Puis de plus en plus de monde s'y mit, à tel point que le pauvre Graham Bell se suicida juste après avoir envoyé “kif” par sms au 8 22 22 (cette anecdote est toutefois peu connue).
Autre exemple, l'invention de la parole par Grahumgruhr en deux flopées et demi avant JC. Au début, il fut confronté au scepticisme ambiant qui a de tout temps accompagné les avancées scientifiques :
- Hé les mecs, je viens d'inventer un truc génial, la parole, ça va complètement révolutionner notre façon de communiquer !
- Grunt ?
- Pardon, pardon, je vais un peu vite en besogne. C'est tout moi, ça, je m'emballe, je m'emballe... Bon, commençons par un exemple pratique... Ça, viande. Ça, manger. Ça... ça, attends un peu que j'aie inventé le concept de religion et tu pourras plus le faire en pleine caverne aux heures des repas, dégoutant !
- Grunt...
- Non mais ça a l'air compliqué comme ça mais vous verrez, la prise en main est simple et après c'est super.
- Graou
- Oui alors je sais, j'avais déjà inventé un système de communication révolutionnaire basé sur le jonglage, ça n'a pas marché, soit, je persiste à dire que c'était intéressant, mais ce système-là, vous allez voir, c'est génial.
Puis de plus de plus de gens s'y mirent, développèrent ensemble ce terrain où tout était encore tellement à explorer qu'on pouvait faire une faute d'accord sans que personne ne se sente personnellement insulté.
- Oh les mecs, je viens d'avoir une idée.
- Une quoi ?
- Ah oui, c'est un mot que je viens d'inventer pour désigner un truc qui existe pas mais qu'on pense que ça pourrait être bien...
- Mais ça se mange ?
- Ah ben non...
- Bon c'est nul, on oublie.
Et très vite, tout le monde s'y mit:
- Alors là, selon une étude, il paraît que 75% des paroles échangées servent à dire des banalités.
- Ah tiens ?
- Oui et seuls 25% concernent des choses importantes comme la bouffe, la météo et tripoter des ... C'est peu.
- Certes, mais plutôt que banalité, je préfère utiliser le terme de “personal branding”, car les interactions sociales permettent de se situer quant au paradigme ascensionnel, comme le souligne la théorie communicationnelle de Grughrur.
- Grunt ?

# Posté le dimanche 25 octobre 2009 03:42

Question grave ...

Il en est de certaines questions comme des pizzas très très grandes : il peut se révéler intéressant de les partager !
Une de ces question m'est parvenue et je dois dire que j'ai bien du mal à en venir à bout. Je ne saurais dire si cela est dû à une particulière difficulté de choix, à un réel problème ou au fait que "mmmh, ça à l'air bon, tu veux pas goûter ?", mais la situation est la suivante : je n'ai pas de réponse précise et indiscutable.
Voici la question : lorsque l'on se déplace à pied, utilise-t-on un véhicule particulier (VP) ou des transports en commun (TC) ?
D'un côté, il n'est pas faux de dire que la chaussure est quelque chose de très personnel, voire intime, et qu'elle ne peut raisonnablement se partager. A ce titre, il est légitime de considérer la chaussure comme un véhicule particulier.
Cependant, à pied, on a le choix de marcher seul ou à plusieurs, de croiser des gens en route, de faire un bout de chemin ensemble, un peu comme dans un bus ou un métro. Donc transport en commun.
Oui, mais la chaussure, on la range dans un placard à chaussure, comme une voiture dans un garage, comme un véhicule particulier.
Oui, mais dans la chaussure, y'a quand même plusieurs orteils, donc transport en commun.
C'est vraiment très embêtant et j'aimerai bien savoir ce que tout le monde peut bien en penser.
D'avance, merci !
Question grave ...

# Posté le mercredi 30 septembre 2009 12:06